Plaque de cheminée aux armes de Raoul de La Faye, notaire et trésorier de François Ier - XVIe S.

Référence C-2123   

Nouveauté

Référence C-2123
Catégorie Plaques de cheminée et accessoires
Type PLAQUE CHEMINÉE ANCIENNE, CONTRECOEUR ANCIEN
Style RENAISSANCE
Epoque XVIe S.
Provenance AUVERGNE
Matériaux FONTE
Hauteur 71 cm
Largeur 121 cm
Profondeur 6 cm

Description

Exceptionnelle plaque de cheminée coulée entre 1516 et 1544, aux armoiries de Raoul de La Faye, (° ca 1475, † peu avant le 19 avril 1544), seigneur de Crèvecœur et de Mandegris à Favières en Brie, capitaine de Brie-Comte-Robert, conseiller et notaire du roi Louis XII, maître de la chambre des "intrades" extraordinaires au pays et duché de Milan en 1510, receveur des Aides de la vicomté d’Évreux et vicomte du lieu en 1512-1517, trésorier-payeur des archers de la garde française du corps du roi François Ier en 1516-1539, notaire de ce dernier et greffier des Requêtes du Palais en 1519-1523. 

Petit-fils d’un cadet de Gascogne et fils de Jean II de LA FAYE (ca 1452 - av. 1540), écuyer, homme d’armes des ordonnances du Roi, établi à Goderville dans le Pays de Caux à la fin du XVe siècle, et de son épouse Martine HORSLAVILLE, Raoul de LA FAYE épousa lui-même par contrat passé en 1513 et reconnu en 1515 à Paris damoiselle Jeanne de BIDAN ou BIDAULT [† après le 8 juillet 1539], héritière du chef de son père Jean de BIDAN, secrétaire du Roi, d’une maison sise rue du Temple et voisine de l’hôtel de BRAQUE à Paris, qu’elle vendit avec son mari le 28 mars 1519 à Lambert MEIGRET, qui y posa les bases du futur hôtel de MONTMORENCY. Sans nul doute le membre le plus influent et le plus riche de sa famille sous François Ier, Raoul de LA FAYE se fit construire au tournant des XV et XVIe siècles un charmant hôtel particulier au 5 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, auquel Jean-Pierre JOUVE (1926-2019), architecte en chef des Monuments Historiques depuis 1970, restitua son aspect originel, et reçut en 1517 de Morelet de MUSEAU une grande maison sise rue Vieille du Temple à Paris. L’inventaire de ses biens après décès (MC/ET/VI/68) contient plus de 150 pages consultables en ligne sur https://www.geneanet.org/registres/view/33826/139, vues 139-293.

Raoul eut pour frères Nicolas de LA FAYE, Guillaume de LA FAYE (…-ca 1541), archer de la garde-du-corps du Roi, et enfin Pierre de LA FAYE (…-ap. 1540), sieur du Parc, procureur général de l’amiral de GRAVILLE pour les démarches qui précédèrent la fondation du Havre de Grâce en 1513-1515, vicomte d’Évreux, grenetier du grenier à sel de Pont-Saint-Pierre en 1521-1541. Possessionné à Fontenay en Vexin par acquisition de 1521, ledit Pierre avait épousé en premières noces damoiselle Laurence de LORAILLES et en secondes noces damoiselle Jeanne ANFRAY. Du premier mariage de Pierre vint d’une part Louis de LA FAYE qui exerça, le premier de sa famille, la charge de lieutenant du grand-maître des Eaux-et-Forêts en la vicomté de Pont-de-l’Arche, en Vexin Normand, dès 1540, et fut maintenu noble la même année par les élus sur le fait de la justice des Aides à Évreux ; et d’autre part Nicolas II de LA FAYE († après 1586), écuyer, l’un des gentilshommes de la vénerie du Roi, aussi lieutenant des Eaux-et-Forêts de Pont-de-l’Arche, marié par contrat passé en 1544 et reconnu en 1557 à damoiselle Michelon COLAS, fille de noble homme Jehan COLAS.

En occitan gascon le F initial n’existe pratiquement pas et est remplacé par un H aspiré à l’oral. Cette famille a pu adapter son nom "LA HAYE" (en gascon LA HAJA c'est à dire La Hêtraie) en "LA FAYE" au contact du français en Normandie. D'où l’usage des deux noms par les historiens (Eraldica Occitana).

Nous présentons un jeton de laiton doré non daté, mais frappé entre 1539 et 1544, aux armes de RAOUL.DE.LA.FAYE.SEIGNEUR.MANDEGRIS, qui sera offert à l'acquéreur de la plaque. (notre dernière photo). 

Évolution des armoiries LA FAYE dans le temps :
- Sous François Ier : « d’azur, à une fasce d’or ou d’argent accompagnée en chef d’une croix potencée d’or et en pointe d’une tour crénelée d’argent, maçonnée et ouverte de sable, l’escu supporté par deux lions d’or mouvant d’un tertre au naturel. » Cf. Livre de armoisies de la cronique du très crestien roy de France, Françoys de VALLOYS, premier de ce nom, et de ses très haultz nobles barons et libéraulx chevalliers (BNF, Ms. Fr. 25.183, folio 33 verso) et Armoiries de la noblesse française à l’époque du roi François Ier. 1515-1547 (BNF, Ms. fr 5.240, folio 56 verso) en 1547. (notre avant-dernière photo)
- Lors de la maintenue de noblesse du 12 juillet 1667 d’Adrien de LA FAYE, de Saint-Pierre-lès-Damps, et de François de LA FAYE, de Fontenay, cousins germains : « de gueules, à une fasce accompagnée en chef d’une croix tréflée, et en pointe d’une tour couverte en pyramide, le tout d’or, l’escu timbré d’un casque d’argent orné de ses lambrequins de gueules doublés d’or et cimé d’un lévrier ou d’une aigle naissant d’argent, le dit escu supporté par deux lévriers ou aigles d’argent, mouvant d’une terrasse de sinople. »
- Lors de l’enregistrement des armes d’Adrien II de LA FAYE, conseiller du Roi, garde-marteau en la maitrise de Pont-de-l’Arche, en l’Armorial général de Rouen en 1711 : « de gueules, à une fasce accompagnée en chef d’une croix treflée et en pointe d’une tour crénelée, le tout d’or. »
- Lors des preuves de noblesse présentées en juin 1728 pour l’entrée à Saint-Cyr de Louise Geneviève Fortunée de LA FAYE (1718-1793) : « de gueules, à une fasce d’or, accompagnée en chef d’une croix treflée de même, et en pointe d’une tour d’or, crénelée, et couverte en flèche. »

Plaque trouvée à Vernines dans le Puy de Dôme. 
Quelques manques sont à noter aux volutes du fronton. 
Son poids est de 204 kg.

Sources bibliographiques :
- Collection des ordonnances des rois de France. Catalogue des actes de François Ier, tome Xe, p. 192. 
- Dr Pierre L’ESTOURMY (1934-2006), La Recherche de noblesse de 1666 pour la généralité de Rouen dite Recherche de LA GALISSONNIÈRE. Élection de Pont-de-l’Arche, Saint-Pois : chez l’auteur, 2006, pp. 71-73. (AD de Seine-Maritime, 929.742 4 LAG P ou BH 8/558)
- Preuves de noblesse des filles demoiselles reçuës dans la Maison de St-Louis, fondée à St-Cir, par le Roi, au mois de juin de l'an 1686 (BNF, Ms. Fr 32127, folios 187-189 verso), article LA FAYE.
- Charles d’HOZIER (1640-1732), Armorial Général de France, 1711, XXIe volume, Normandie, Généralité de Rouen, Normandie, p. 69, article LA FAYE.
- Gustave CHAIX d’EST-ANGE (1832-1887), Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables, 1906, tome XVIIe, p. 250-251, article LA FAYE.
- Johannes Baptist RIETSTAP (1828-1891), Armorial Général contenant les armoiries des familles nobles et patriciennes de l’Europe, Gouda : van GOOR, 1861, p. 365, article LA HAYE.
- LA CHESNAYE-DESBOIS et BADIER, Dictionnaire de la noblesse contenant les généalogies, l’histoire et la chronologie des familles nobles de France, troisième édition, Tome 10, p. 460, article de La Haye.
- Henri JOUGLA de MORENAS (1903-1955), Grand Armorial de France, 1938, tome IIIe, p. 358, article LA FAYE.   
- Dr Pierre L’ESTOURMY (1934-2006), La Recherche de noblesse de 1666 pour la généralité de Rouen dite Recherche de LA GALISSONNIÈRE. Élection de Pont-de-l’Arche, Saint-Pois : chez l’auteur, 2006, pp. 71-73. 
- Henri CARPENTIER, Plaques de cheminées, tome Ier, F. de NOBELE, Paris, 1967, p. 277, n° 773, plaque notée "de LA HAIE" au Musée d’Orléans.
 
Nous tenons à remercier le père Cyrille de LA BARRE de NANTEUIL, CM, de son précieux concours, Eraldica Occitana pour ses précisions linguistiques et Mme Christine Chazeau pour la corrélation des sources.