Plaque de cheminée aux armes d'alliance de l'Amiral Liberge de Granchain et de Marie de Mauduit de Carentonne-Sémerville - XVIIIe S.

Référence C-2124   

Nouveauté

Ce produit est en vente à 1500 €

Référence C-2124
Catégorie Plaques de cheminée et accessoires
Type PLAQUE CHEMINÉE ANCIENNE, CONTRECOEUR ANCIEN
Style LOUIS XVI
Epoque XVIIIe S.
Provenance BOURGOGNE
Matériaux FONTE
Hauteur 62 cm
Largeur 60 cm
Profondeur 3 cm

Description

Plaque de cheminée datant de la deuxième moitié du XVIIIème siècle, en parfait état, aux armes d'alliance de Guillaume, Jacques, Constant de LIBERGE de GRANCHAIN (° le 9 février 1744, y † le 18 juin 1805), chevalier, seigneur et patron de Granchain, chevalier de Saint Louis en 1778, capitaine des vaisseaux du Roi en 1782, directeur des Ports et Arsenaux en 1790-1791, géographe et astronome, chevalier de Cincinatus, membre correspondant de l’Institut, membre de l’Académie royale de Marine, fils de François Guillaume Liberge (1708-1766), écuyer, seigneur et patron de Granchain, et de Marie Anne Émilie de Mauduit de Carentonne-Sémerville (1716-1796) et de son épouse et cousine germaine Marie, Françoise, Amélie de MAUDUIT de CARENTONNE-SÉMERVILLE (° le 15 septembre 1763 au Havre, mariée le 1er juillet 1782 à Sémerville, † le 29 septembre 1812 à Granchain), fille d’André Jean-Baptiste, seigneur de Carentonne, ancien officier des vaisseaux du roi, et de Marie-Louise Esther Rosalie Plaimpel.

Quelques autres dates clés et charges remarquables : 
- De 1763 à 1768, il fut chargé, sous divers commandements, de surveiller les Anglais à la sortie de la Manche, de protéger les navires de commerce.
- Le 16 septembre 1771, il embarqua comme astronome-géographe adjoint sur La Flore dite Américaine. Cette expédition avait pour but de tester différentes méthodes et de nouveaux instruments, en particulier des chronomètres destinés à améliorer la mesure des longitudes et des latitudes en mer.
- De 1778 à 1781, il participa notamment à la Guerre d'Indépendance des États-Unis d'Amérique et fit office de plénipotentiaire entre les Anglais et les Américains en vue des pourparlers de paix de Yorktown. 
- En 1782, il collabora à la refonte du port du Havre. 
- En 1784, notre savant-géographe commanda la frégate La Nymphe et part faire respecter les droits des pêcheurs français à Terre-Neuve et déterminer les longitudes de toutes les côtes de l’île grâce à la méthode chronométrique, puis il eut l'honneur d'accompagner La Fayette dans sa tournée triomphale en bien des lieux où les New-Yorkais firent leurs adieux aux deux officiers en criant : « La Fayette for ever ! Granchain for ever ! »
Au total, l'amiral de Granchain servit la France durant trente-cinq ans, naviguant sur vingt-et-un vaisseaux différents, prenant part à seize campagnes en mer (dont sept en temps de guerre) et participant à six combats navals. Il laissa la réputation d'un homme d'une brillante intelligence, d'une grande droiture et toujours estimé de ceux qui l'entouraient, marins ou paysans. C'est un grand nom du panthéon français du siècle des Lumières. 

La famille Liberge est originaire de Normandie, elle est mentionnée dans les grands rôles de l’Échiquier de Normandie en 1180 à Caen puis au début du XVe siècle en la paroisse Saint-Germain de Lisieux. Dès la fin du XVIe siècle, les Liberge usent de qualificatifs nobles et exercent les charges de vicomtes de Plasnes et d’Échanfray à Notre-Dame-du-Hamel ainsi que vicomtes de Montreuil et Bernay. 

L'écartelé aux lions et aux aigles fut sans aucun doute une invention des Liberge fin XVIIè ou début XVIIIème. En effet, bien que ses ancêtres aient pris des qualificatifs nobiliaires depuis la seconde moitié du XVIe siècle, François II Liberge fut anobli en 1649, par la reine-mère Anne d'Autriche (1601-1666), alors régente du jeune roi Louis XIII, et enregistrées en la Cour des Aides de Normandie à Rouen le 6 avril 1650, qui lui octroyaient pour armoiries : « de gueules, à une croix d’hermine, l’écu timbré d’un casque d’argent taré de profil, ouvert de trois grilles d'or, cimé d’un lion issant d’or lampassé de gueules, et orné de ses lambrequins d’argent doublés de gueules, ledit écu supporté par deux lions couards d'or mouvant d’une terrasse de sinople ». Mais François II était déjà mort lorsque son anoblissement fut révoqué par l’édit de septembre 1664 et ses enfants ne purent prouver leur noblesse lors de la grande recherche des usurpateurs commencée en 1666. Du coup, ne pouvant plus bénéficier des lettres patentes de 1649, les enfants de François II ou leurs descendants optèrent pour des armes radicalement différentes. Si depuis les Liberge se sont éteints, les Mauduit sont encore représentés dans la Nièvre, où ils portent encore le titre de marquis de Carentonne.

Une plaque identique ornait l’une des pièces du rez-de-chaussée du château de Granchain, bâti par l'architecte Jacques FRESNEL entre 1783 et 1785 à l'emplacement d'un vieux manoir mentionné en 1119. 

Blasons :
- Deux lions d'or en champ d'azur, deux demi-aigles en champ de gueules, qui est de Liberge.
- De gueules au chevron d'or accompagné de trois roses du même, qui est de Mauduit.

Plaque trouvée à Rouvray dans l'Yonne.
Son poids est de 54 kg.

Sources : 
- LA CHESNAYE-DESBOIS et BADIER, Dictionnaire de la noblesse contenant les généalogies, l’histoire et la chronologie des familles nobles de France, troisième édition, 1868, Tome 12, p. 69.
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Constant_de_Liberge_de_Granchain
- https://francearchives.gouv.fr/fr/authorityrecord/FRAN_NP_051448

Nous tenons à remercier le père Cyrille de LA BARRE de NANTEUIL, CM, de son précieux concours et Mme Christine Chazeau pour ses recherches et sa pugnacité.